Soyons des personnes avant d’être des sexes

Il est difficile de dire quand ont commencé à émerger les prémices de mon féminisme. 

Est-ce que je devrais parler de la confusion, dès toute petite, à devoir rentrer dans le moule du genre ? À l’époque, je me trouvais la plus jolie fille de l’école. Je rêvais d’être un garçon pour qu’on me laisse me salir dehors et qu’on m’offre des petites voitures. Peut-on être animé.e par le féminisme sans le savoir ?

Cette mignonne petite fille qui jouait à Quake 3 Arena (arme préférée : le rocket launcher) avec ses cousins. Elle échappait injustement aux punitions quand le couvre-feu avait largement été dépassé. Pendant ce temps, les garçons se faisaient tirer les oreilles.

Je pourrais tout aussi bien vous raconter la dualité de devenir une adolescente qui acquiesçait aux paroles du père admiré. Pendant ce temps, j’enfouissais au fond d’un tiroir le dernier bulletin de notes. À tout prix cacher la preuve inébranlable de la disparition de la petite fille studieuse. 

Il semblerait qu’il avait fallu tuer le père, mais il ne fallait surtout pas qu’il le sache. C’est sans doute pourquoi j’ai éprouvé le besoin sibyllin de cacher mes soutien-gorges jusqu’à la fin du lycée.

La conviction absurde que le parent serait aveuglé par les couches de vêtements masculins. « Peut-être que si je continue à l’amener au rayon homme pour m’acheter des vêtements, il me traitera comme un garçon et me laisserait aller à cette fête ? »

La confusion de la féminité et la sensualité de la masculinité

Quoiqu’il en soit, porter des talons aiguilles pendant des années après n’a jamais empêché à ma grande gueule de révéler un manque de féminité. Et pourtant, on m’a toujours refusé l’accès au club des garçons. De fait, puisque je suis une fille.

Finalement, je pourrais vous raconter ce soir d’été à Sydney, sur le banc d’un parc. Après quelques cigarettes et sans doute un peu trop de vin, où j’ai eu l’idée de créer un projet qui s’appellerait Pretty Boys & Strong Girls. Un projet qui parlerait de la confusion de la féminité et de la sensualité de la masculinité. Un projet qui encouragerait chacun.e à se définir en tant que personne avant de se définir en fonction du sexe avec lequel on naît.

Le but n’est pas d’inverser les rôles ou de convaincre de la valeur du féminisme

Tant d’injonctions nous donnent à tous des complexes, créent des inégalités sociales partout dans le monde, provoquent des violences parfois meurtrières. Ça ne devrait plus être quelque chose qu’on a besoin de justifier.

Par contre, se réunir autour de nos différences et nos similitudes. Se mettre à réfléchir à comment mieux vivre ensemble, être solidaires, partager nos expériences et rester ouverts les uns aux autres me paraît essentiel. 

En tout cas c’est comme ça que je vis le féminisme : faire entendre sa voix pour être des personnes avant d’être des sexes. 

Note : 5 sur 5.

Art Artiste à découvrir collages dessin dessins essai Féminisme Inspiration Instant lecture intersectionnalité lgbtq Littérature parentalité Poésie prettyboys prettyboysandstronggirls process processus artistique questionnement quotidien récit intérieur selflove stronggirls égalité épilation

Laisser un commentaire