Mon premier jour de l’an 2021 avec Alice Coffin

Enivrée de joies multiples par ma lecture de ZAMI, après une courte nuit de sommeil, je me suis réveillée ce 1er jour de l’an 2021 pleine d’une énergie nouvelle et le cœur léger ! J’ai sauté du lit avec Koumi Cat et suis allée boire un mug géant de café aromatisé à l’eau de fleur d’oranger et sucré au miel.

Photo non contractuelle, ceci n’est pas Kumi Cat

Le livre de Noël : Le Génie Lesbien

Je file vers ma bibliothèque et en retire le livre cadeau de Noël : Le Génie Lesbien, d’Alice Coffin, chez Grasset, 2020. 

Mon premier jour de l’an 2021 avec Alice Coffin, quoi de mieux ?!

J’arrive en fin d’après-midi et j’ai les mâchoires douloureuses à cause de ce sourire permanent d’extase à la lecture des chapitres 5 et suivant. Le bonheur total !

J’ai appris que j’étais dotée de “Génie” et que je suis une “Révolutionnaire” !

Merci Alice Coffin pour le bonheur intense, la fierté militante et le sentiment de communion que la lecture de ton livre m’a permis de ressentir en ce premier jour de l’an 2021 !

Et surtout surtout, la fierté heureuse que je ressens encore en déclamant le mot “LESBIENNE, LESBIENNE, LESBIENNE” ! La puissance et le pouvoir de l’acte de se nommer, qui me fait d’ailleurs penser à l’ouvrage de Gina Philogene From Black to African American: A New Social Representation, Westport, Conn., Praeger, 1999. Je vous le recommande aussi 😉

Un livre de « lesbianisme politique »

Déjà, au bout de deux heures de lecture, arrivée au chapitre 5, je me suis fait la réflexion suivante : combien de fois j’ai pu déclamer et hurler : “Mais putain ouais ! Mais c’est tellement ça ! C’est tellement vrai et évident ! Putain tout ce que j’ai toujours pensé sans jamais oser le dire”.

J’imagine bien que pour les pros hétéropatriarcal society, les pros oppression structurelle patriarcale et les “Bob·ette” (nomination empruntée à Titiou Lecoq), ça va piquer les yeux. Et sans doute les faire se mansplaining et les mettre en PLS. Syndrome de Calimero oblige !

C’est bien simple, ce livre est un booster de militantisme, oserai-je le dire… de “lesbianisme politique” ? Voilà, c’est dit, et avec fierté ! C’est aussi un booster d’estime de soi positive en tant que femme. Waouh la claque en le lisant ! Que dis-je… en le dévorant !

De la fausse neutralité du journalisme en France

J’ai adoré le récit de ses rencontres avec des Féministes, lesbiennes ou non, militantes et journalistes. Et les découvertes qu’elle a pu faire au cours de ses voyages aux Etats-Unis ou ailleurs dans le monde, sur le travail plus éthique de ces journalistes situé.e.s et le revendiquant.

J’ai aimé aussi la manière avec laquelle elle démonte la fausse neutralité du journalisme en France. Ça m’a tellement fait du bien, en rapport avec une expérience vécue que je vous raconte rapidement, j’ouvre la parenthèse :

Un journaliste à Lyon qui faisait un article sur les repas “sans porc” à la cantine, s’approche de moi devant l’école pour me demander si j’étais positivement heureuse de ce fait ? Silence de morte…

Je suis restée interloquée quelques secondes. Puis je lui ai demandé pourquoi il me posait cette question. Parce que, perso, je m’en foutais totalement. Alors quand il me répond qu’avec ma couleur de peau je devrais sûrement être concernée…

Porc et journalisme

Pig and journalistjournalism

Waouh mes bras et mon sourire se sont faits la malle. Sérieux ?

C’était en 2007 dans ces eaux-là et on en était encore là, à catégoriser une personne sur sa couleur de peau et présupposer de son appartenance ou non religieuse… Malheureusement c’est toujours d’actualité encore aujourd’hui !

Il s’est défilé en bredouillant des excuses lorsque je lui ai dit tout de go que ce n’est pas parce qu’il rencontre une personne au teint hâlé qu’elle est forcément d’origine maghrébine ou autre. (Sous-entendu arabe, sous-entendu musulman.e… ça fait beaucoup d’analogies en une question ! ndlr) En tant que journaliste, ses préjugés et présomptions il aurait dû les déconstruire depuis longtemps ! Na dans ta face ! Je ferme la parenthèse.

À la découverte de l’histoire militante LGBT

Bref, je reviens au livre génial d’Alice Coffin.

J’ai adoré aussi le récit de l’Histoire militante LGBT, et la présentation de figures militantes célèbres que je ne connaissais pas du tout. Comme :

Je me suis enthousiasmée en lisant son récit sur le MLF. Et aussi parce que toutes ces héroïnes ou presque étaient lesbiennes. Derrière pratiquement chaque lutte sociale qui ont redonné des droits aux femmes dans le monde, il y avait des militantes féministes… et lesbiennes

“ Les lesbiennes menacent la superfluidité des hommes, leur prétention à pouvoir tout incarner « 

A travers son livre, Alice Coffin m’a fait comprendre pourquoi la lesbienne fait peur au patriarcat :

Parce que les terrains de luttes, la route, la rue, lui est accessible, elle peut l’arpenter (p.151). Qu’elle n’a pas besoin de l’approbation du mâle. Le risque évident c’est que la lesbienne est cataloguée d’emblée comme un être de transgression (p.153).

Young woman looking very shocked or surprised, staring with open mouth saying wow

“Les lesbiennes menacent la superfluidité des hommes, leur prétention à pouvoir tout incarner (…)” (p.157, propos cités de Rachel Stonecipher, lesbienne texanne de 26 ans).

La lesbienne est tour à tour “l’ennemi et l’objet du désir, le corps détesté et le symbole de la contestation” (p.189).

Quel écho à #MeToo en 2019 (Adèle Haenel Marine Turchi et Céline Sciamma) comme le cite Alice Coffin.

Modèles de la culture lesbienne

Bref, ce livre m’a appris plein plein d’éléments importants de la culture lesbienne, à laquelle je me revendique appartenir. J’en reviens à Audre Lorde qui assimilait l’écriture au militantisme. Et je le comprends avec Alice Coffin. C’est-à-dire, qu’écrire, transmettre ses découvertes en matière de culture lesbienne, de journalisme responsable et engagé contre toute forme d’abus, de discriminations, d’oppressions, c’est aussi militer.

Et si je tiens tant à écrire de la poésie sapphique et à parler d’autrices et poètesses lesbiennes sur mon site, c’est aussi pour cela :

Transmettre un petit quelque chose de la culture lesbienne. Du “Génie Lesbien” comme le dit Alice, et tout comme elle le fait dans cet ouvrage. Parce que comme elle le répète si souvent au cours des chapitres, nous nous cherchons des représentations, des modèles.

Pour moi, mon modèle, je l’ai trouvé en Audre Lorde (que Yuri, la compagne d’Alice Coffin, cite en pages 188-189). Et Sappho la poétesse de l’île de Lesbos, ainsi qu’en Nina Bouraoui, dont je vous parlerai peut-être dans un autre article.

Ce livre est une mine d’informations pour qui veut bien se plonger dedans, LGBT ou pas. Ce livre m’a galvanisée.  Son écriture est accessible, la dialectique entre les luttes sociales est compréhensible et abordable, j’y ai trouvé de la poésie, du rêve et de l’espoir. Merci Alice Coffin ! Les ami.e.s, je vous le recommande chaleureusement !

Love & Witch Kisses !

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Note : 5 sur 5.

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