Discours intérieur : féminisme et parentalité

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J’ai bientôt 32 ans. Il semblerait que je devrais être dans cette phase de ma vie où mes désirs s’éclaircissent. Pourtant, c’est tout le contraire. Je sais que beaucoup d’entre vous se reconnaîtront. Voir ses potes se marier, s’installer ensemble, avoir des enfants, acheter une maison. Je suis très heureuse pour eux (c’est un peu comme être maman une journée de temps en temps). Mais j’ai parfois l’impression que la société est à court d’arguments pour m’expliquer pourquoi tout ça ce serait bien pour moi.

Pression sociale ou envie personnelle ?

Je me retrouve de plus en plus dans ce tourbillon de questions : ce serait une superbe aventure, et en même temps est-ce que je suis prête à un tel changement dans ma vie ? Transmettre, voir grandir, donner de l’amour infini. Mais aussi une bouche à nourrir en plus, beaucoup moins d’argent, fini les grasses mat’ après une grosse cuite pendant au moins 15 ans. Nan, mais en vrai les enfants sont tellement drôles. Oui, enfin ils sont surtout tout le temps LÀ. C’est l’histoire du serpent qui se mord la queue.

Est-ce que quand je me dis que j’aimerais avoir des enfants, c’est parce qu’inconsciemment je me dirige vers ce que la société attend de moi ? Mais est-ce que quand je me dis que je n’en aurai pas, c’est parce que le féminisme me dit de dire non ?

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Attention, je ne suis pas en train de dire que vouloir être parent est incompatible avec le féminisme, loin de là. Mais quelqu’un aurait-il l’équation scientifique qui permet de connaître la part de pression sociale et d’envie personnelle ?

Des tabous de la parentalité

J’ai eu des discussions passionnantes avec des ami.es qui sont parents. Et de nouvelles problématiques sont apparues :

  • et si ce qu’on appelle l’instinct parental était guidé par un besoin de se prouver que « tout fonctionne » là en-bas ?
  • le « regret d’être parent » (que je distinguerai ici du regret d’avoir fait un enfant) est bien plus présent qu’on ne pense,
  • est-ce que la pression de devenir mère est plus présente que celle de devenir père ? Et si oui… pourquoi ?

Tellement de questions, et pourtant une conclusion semble persister : j’adore les enfants, mais est-ce vraiment pour moi ? Il y a 6 ans, j’ai avorté. Ça a été hyper difficile psychologiquement, et pourtant je n’ai jamais regretté ce choix.

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Mère ou ne pas mère, telle est la question

Aujourd’hui, j’ai beaucoup d’admiration pour toutes les personnes qui savent ce qu’elles veulent et pour qui c’est presque une évidence.

Et bizarrement, ce n’est que depuis quelques mois que je me rends compte à quel point cette question a été importante et inspirante dans mes créations. J’ai dessiné des foetus, des enfants et des gros bidons plus qu’à mon tour.

  • print féminisme
  • Toys just wanna have fun

Alors histoire de partager sur la question, j’ai préparé un questionnaire. Il est complètement anonyme, et le but est juste de récolter quelques statistiques sans jugement aucun. Libre à vous d’y prendre part ici, et de le partager.

Note : 5 sur 5.

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2 commentaires sur “Discours intérieur : féminisme et parentalité

  1. Hello ! Tout d’abord, merci pour de mettre ce sujet tellement passionnant sur la table. J’apporte ma petite réflexion. C’est en devenant maman il y a 5 ans (je compte la grossesse), que j’ai pris conscience du poids du patriarcat. La maternité a coïncidé pour moi avec la naissance de mon militantisme féministe, et avec lui, la déconstruction progressive de mon sexisme intégré. C’est un chemin souvent douloureux, je m’autorise à faire des pauses pour me préserver et ne pas passer mon temps à être en colère, même si pour cela il faut parfois mettre des oeillères.

    Je coche, sur la liste des privilèges, un sacré paquet de cases.
    Et pourtant, en devenant mère, j’ai eu l’impression d’être jetée de force dans une compétition permanente avec les autres femmes, et je me suis rendue compte avec effroi que j’avais moi-même participé pendant de nombreuses années à cette compétition à travers ces petites commentaires que l’on peut faire « innocemment » sur le corps des femmes enceinte et post-partum, sur les manières de vivre sa maternité.
    Comme l’explique merveilleusement bien Fiona Schmidt dans son livre « lâchez-nous l’utérus » et sur son compte « bordel de mère », quelque soit le choix ou le non choix (car tous les no-kids ne le sont pas volontairement, et tous les parents ne le sont pas volontairement), le sexisme et le patriarcat pèse sur TOUTES les femmes.
    Ce n’est pas parce que l’on devient mère que l’on cesse de subir la pression sociale, au contraire, ça ne s’arrête jamais. Le patriarcat, c’est une relation toxique, on est toujours perdante. Je ne nie pas cependant le traitement bien particulier réservé aux « no kids », et tout particulièrement quand ces « no kids » sont des femmes.

    En devenant mère, mes relations sociales se sont considérablement complexifiées, car si la société continue de porter la maternité aux nues, elle n’aime pas trop « subir » les enfants, et a TOUJOURS un avis sur la manière dont il faudrait les éduquer. La quantité de regards noirs que j’ai pu croiser, les réflexions, les problèmes de voisinages que j’ai pu avoir, parce que mes enfants sont… des enfants.

    Lorsque j’ai « choisi » de devenir maman (je l’ai viscéralement voulu, et ma première grossesse a beaucoup tardé, j’ai eu très peur de ne jamais être maman, et j’ai compris que je ne « choisissais » pas tout), j’ai pris, non sans vertige, un chemin. Mais je ne pouvais être sûre de rien de ce qui m’attendait, et je ne le serai jamais. Ce que me réserve ce chemin, ce sera chaque jour une découverte. Certaines formidables, d’autres vraiment difficiles.
    « Choisir » de ne pas avoir d’enfant, c’est à mes yeux pareil : un chemin, que l’on découvre jour après jour.

    C’est très facile à dire mais je pense qu’il faut essayer, autant que possible, de s’écouter soi, de suivre son instinct, de ne pas toujours tout rationaliser. On n’a pas le devoir de justifier aux autres, à la société, les « choix » de vie que l’on fait (même si on le fait quand même en permanence, c’est tellement plus fort que nous !) Parfois on « sent » qu’il faut aller dans une direction et on le fait, c’est tout.

    🙂

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